ObsPol soutient ces actions


STOP À LA CRIMINALISATION DES MILITANT.E.S CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES

Nous avons pris connaissance d’un arrêté du bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close, contenant l’ordonnance d’interdiction de manifester le 5 décembre à l’égard du rassemblement « Stop à la justice de classe, stop à la justice raciste ». Cet arrêté ne nous a pas été transmis, mais publié en ligne et affiché sur la place Poelaert. Le contenu de cet arrêté est tout bonnement inacceptable du point de vue démocratique. Nous dénonçons les allégations mensongères, les amalgames et les calomnies utilisés dans cet arrêté et qui constituent le signe d’un glissement dangereux de l’approche policière sous l’influence d’une vision du monde et de pratiques d’extrême-droite, le tout cautionné par le bourgmestre de la Ville de Bruxelles.

L’arrêté dénote une méconnaissance flagrante quant à l’organisation de la manifestation. Comme s’il n’y avait pas 25 organisations et associations regroupées autour de l’appel, l’arrêté s’en prend tout
particulièrement à Axel Farkas, militant chargé par les signataires de contacter la police en le décrivant, sans aucune preuve, comme un “activiste bien connu [sic] pour chercher la confrontation avec la police”. Il est ensuite ajouté que “celui-ci refuse de façon catégorique le dialogue avec la police ». La Gauche anticapitaliste, avec laquelle il milite, y est décrite comme un “groupe d’extrême gauche qui a souvent participé à des manifestations émaillées d’incidents”, dans un
mécanisme de suggestion qui vise à faire porter la responsabilité d’éventuels incidents sur les coupables idéaux.

Ce texte dénote une vision policière conspirationniste des mouvements sociaux, qui n’existeraient non pas comme expression de contradictions sociales et politiques, mais simplement comme pur produit de petits groupes manipulateurs. La police de Bruxelles-ville sait pourtant très bien que nous avons fait, par l’intermédiaire d’Axel, une série de contre-propositions constructives afin de maintenir le rassemblement et l’expression démocratique de nos revendications, tout en veillant aux
règles sanitaires, mais que toutes les contre-propositions des organisateur/trices ont été rejetées.

La suite du texte renforce la vision conspirationniste du rapport de police, amalgamant pêle-mêle les collectifs de soutien aux victimes, la Gauche anticapitaliste, “les anarchistes[sic], les “jeunes
de quartiers sensibles
[sic]. Ces différentes organisations et groupes d’individus y sont accusés de façon grossière, collectivement et sans preuve, d’“incidents” dont on ne connaît pas la teneur exacte
mais dont tout laisse à penser que la police n’y inclut pas la gestion lamentable et la répression zélée et violente qu’elle a à chaque fois exercée sur les mouvements cités (Black Lives Matter, La Santé
en lutte
, et les protestations qui ont eu lieu suite aux décisions judiciaires récentes). La mise à l’écart du commissaire Vandersmissen à la suite des “incidents” autour de la manifestation de la Santé en
lutte
devrait inciter la police de Bruxelles à plus de retenue dans ses allégations et à faire le ménage dans ses rangs avant de tenter de calomnier des manifestant.e.s. Enfin, le texte invoque comme l’on
pouvait s’y attendre, le risque sanitaire comme prétexte pour interdire notre rassemblement, alors que lors des échanges de mails avec la police nous avions clairement et explicitement démontré que nous prenions les mesures nécessaires à ce sujet, tandis que des milliers de personnes envahissaient les commerces de la capitale. Faut-il en conclure que pour le bourgmestre socialiste de la Ville, les profits du commerce, où s’entassent les gens dans des conditions sanitaires bien moins sécures qu’un rassemblement à l’extérieur avec distanciation, passent avant les droits démocratiques ? Poser la question c’est y répondre.

Ce qui nous indigne aussi et nous révolte dans cette attitude et ces mensonges affichés publiquement par cet arrêté, c’est que cela ressemble fort à une menace et à un règlement de comptes. Pire encore, la manière dont cet arrêté est libellé, le sous-entendu de tout le texte, semblait fait entièrement pour justifier à priori des violences policières pour le cas où nous aurions maintenu le rassemblement.

La rhétorique du texte et les amalgames d’extrême-droite qu’il contient ne peut que confirmer notre préoccupation grave quant à l’évolution des forces de police en Belgique et à Bruxelles en particulier, dans un contexte de durcissement autoritaire global, jusque et y compris chez nos voisin.e.s de France, et d’une instrumentalisation de la pandémie de Covid-19 pour opérer un tournant répressif afin de multiplier les interdictions de l’expression démocratique citoyenne.

Cet arrêté indigne et honteux témoigne pour nous de la volonté politique de casser l’unité des collectifs, des familles de victimes de violences policières, avec des organisations de gauche, féministes, syndicales, antiracistes et de donner la priorité aux profits du commerce sur la défense des droits fondamentaux des habitant.e.s. Cette énième provocation démontre une nouvelle fois la nécessité de nos mobilisations et la justesse de nos revendications. Cela constitue donc un nouvel encouragement à nous mobiliser dans le futur pour nos droits démocratiques et sociaux, contre l’arbitraire.

  • Nous interpellons les élu.e.s des partis démocratiques au conseil communal, afin qu’iels condamnent cette manœuvre d’intimidation et de calomnies de la part de la police bruxelloise.
  • Nous interpellons le bourgmestre Philippe Close, politiquement responsable de la “main lourde” de sa police à de multiples reprises ces dernières années, chaque fois que nous avons été dans la rue, avec nos différences, pour défendre nos droits.
  • Nous interpellons les militant.e.s, avec ou sans papiers, les syndicalistes et citoyen.ne.s soucieu.x.ses de leurs droits fondamentaux pour qu’iels refusent l’intimidation et la criminalisation envers les classes populaires et les mouvements sociaux.

Nous sommes indigné.e.s et nous continuerons, uni.e.s et vigilant.e.s, à nous défendre contre les violences policières.

Nous défendrons les militant.e.s calomnié.e.s, violenté.e.s et harcelé.e.s, … comme nous soutenons les militant.e.s syndicaux condamné.e.s à de la prison avec sursis alors qu’ils agissaient dans le cadre d’une action de grève.

Nous continuerons à exercer notre droit démocratique à manifester dans l’espace public pour défendre les droits fondamentaux face aux violences et à l’arbitraire policier.

Stop à la justice de classe, stop à la justice raciste, stop aux violences policières.

Organisations signataires :
  • Actrices et acteurs des temps présents
  • ATTAC Bxl
  • Carta Academica
  • Extinction Rebellion Mons/Borinage
  • La coalition Faire Front
  • La Coalition KAYA
  • Gauche anticapitaliste / SAP – Antikapitalisten
  • Groupe montois de Soutien aux Sans-Papiers
  • Jeunes organisés et combatifs (JOC)
  • Labo VZW
  • L’Observatoire des violences policières en Belgique (ObsPol)
  • Les NouvELLES Antigone
  • Mons se bouge pour le climat
  • Le Mouvement politique des objecteurs de croissance (mpOC)
  • Quinoa asbl
  • Rencontre des Continents asbl
  • Stand Up tegen racisme en fascisme
  • Vrede VZW
Signataires individuel.le.s :
  • Marijke Colle, ecofeministe, SAP-Antikapitalisten
  • Kristel Cuvelier
  • Simon Darimont, secrétaire général Jeunes FGTB
  • Ludo De Brabander, woordvoerder Vrede VZW
  • Ida Dequeecker, feministe
  • Bruno De Wit, vakbondsafgevaardigde BBTK-Mechelen Social profit
  • Evie Embrechts, schrijfster
  • Vincent Godderis
  • Hafid Kaddouri, Activist, Weerwerk
  • Orhan Kilic, actief bij NavBel
  • Jacinthe Mazzocchetti, professeure UCLouvain
  • Herman Michiel, actief in Ander Europa
  • Daniel Richard, secrétaire régional FGTB Verviers
  • Daniel Tanuro, militant écosocialiste et auteur
  • Flor Vandekerckhove, blogger, dichter
  • Isabelle Vandenberghe – citoyenne
  • Steven Vermeulen
  • Grégoire Wallenborn
  • Thomas Weyts, SAP-Antikapitalisten, Stand Up tegen racisme en fascisme

[Télécharger la carte blanche et l’Arrêté du Bourgmestre de Bruxelles]

[Lire la carte blanche publiée le 21.12.2020 sur POUR PRESSE]


APPEL À LA MOBILISATION DU COMITÉ JUSTICE POUR LAMINE

Les policiers vont-ils s’en sortir sans procès alors que la reconstitution des faits est accablante ?

Le 7 mai 2018 Moïse Lamine Bangoura est tué par la police de Roulers à son domicile. Ce jour-là, Lamine Bangoura reçoit une visite domiciliaire de huit policiers pour l’expulser de son appartement. À la suite d’une opération musclée pendant laquelle des violences oppressives au niveau du cou sont exercées sur le corps de Lamine qui est couché, celui-ci perd la vie.

Jusqu’à présent aucun chef d’accusation n’a été retenu contre les policiers (non-lieu prononcé le 26 mai à Courtrai) qui le jour de la visite domiciliaire effectuée chez Lamine pour l’expulser de son appartement en raison d’un retard de paiement ont fait preuve d’une brutalité en acte, en complicité, en mensonge, en silence et en cynisme qui ne peut s’expliquer que si l’on prend en compte la variable négrophobe, la pulsion raciste et négrophobe qui a conduit Lamine Bangoura à son décès.

Ci-dessous, un résumé de l’article du Morgen :

« Il fait semblant d’être mort » a dit un agent de police.
Sur base d’images qui ont été prises, de l’enregistrement audio (situation report) envoyé à la centrale de police et sur base des déclarations des policiers au Comité P, l’article de Samira Atillah et de Douglas De Coninck reconstitue minute après minute ce qui s’est passé le lundi 7 mai 2018.

En confrontant les sources, l’article révèle d’énormes contradictions entre les déclarations au Comité P et ce qui s’est passé : lorsque les policiers immobilisent Lamine, le mettent à terre, le menottent, encerclent le haut et le bas de son corps de sangles et se mettent à exercer une forte pression sur son thorax (à ce moment-là Lamine a déjà été saisi au niveau du cou par une prise genre « clé d’étranglement« ), Lamine ne représente absolument aucun danger pour l’intégrité physique des policiers. C’est pourtant ce que les policiers vont essayer de prétendre lors de leur déclaration au Comité P ; des déclarations qui sont faites un mois après les faits. Ils prétexteront un comportement menaçant à l’aide d’un couteau de cuisine. Le narratif en termes de comportement agressif et menaçant sera repris par le juge de la Chambre de Conseil de Courtrai (non-lieu prononcé le 26 juin).

Les sources révèlent que lorsque l’ambulance est appelée, il n’est fait aucune mention aux ambulanciers des soins qu’il s’agira d’apporter à Lamine. Lorsque les ambulanciers arrivent, en réalité, Lamine est déjà mort. L’état d’agitation de Lamine que les policiers énoncent à plusieurs moments, notamment lorsqu’il faut appeler des renforts est totalement surévalué. Lorsque cet état d’agitation devient réel, c’est-à-dire qu’il résulte des pressions asphyxiantes exercées sur son corps, les policiers n’interviennent pas. Ils ne font rien pour faire en sorte de réanimer Lamine. Alors que Lamine est en train de partir, les policier continuent à fantasmer sont état (« il fait semblant de mourir » dit un policier). L’état de Lamine n’est a aucun moment perçu pour ce qu’il est.
Le juge du Conseil de Courtrai prononce un non-lieu prétextant que l’usage de la force a été proportionnel à l’agitation de Lamine ; celui-ci serait sous l’emprise de stupéfiants (qui se révéleront des traces insignifiantes). L’autopsie montre pourtant bien que Lamine est mort d’asphyxie de contention : « asphyxie chez une personne fixe dans un état agité ». Selon les pathologistes, la suffocation peut-être déduite de « quelques petites contusions dans la structure du larynx ». Ces résultats indiquent une violence mécanique (limitée) au niveau de la gorge. Les médecins légistes écrivent : « C’est un phénomène bien connu que la contention physique des personnes agitées peut s’accompagner d’un taux de mortalité très élevé ».

Les audios indiquent qu’il régnait au domicile de Lamine une situation de non-droit : les policiers ne répondent plus aux appels de la centrale pendant de longues minutes, ils exercent une pression thoracique très longue sur le corps de Lamine contraire aux prescrits méthodologiques formulés par les formations de la police, ils appellent la croix bleue pour se débarrasser du chien avant même que Lamine ne soit déclaré mort. Les comportements des policiers affichent un cynisme choquant s’exprimant par des rires et par un sadisme évident « On appellerait pas le corbillard tant qu’on y est » dit un policier au moment où ils appellent la croix bleue.

Il est clair que les policiers agissent en âme et conscience dans un rapport qui est raciste. Les déclarations supposées décrire le comportement de Lamine transpire de ce racisme : « Il a sauté de nulle part sur le siège. A ce moment, j’ai vu qu’il tenait un couteau dans sa main droite ; la lame était dans la direction de son poignet, son avant-bras. Je vois cela et je crie « arme » à mes collègues, sans dire que c’était spécifiquement un couteau. Je suis sorti immédiatement pour me mettre à l’abri ». Comme le souligne les deux journalistes, cette scène qui est racontée au Comité P (un mois après leur crime) est irréaliste. Elle n’est, d’une part, pas transmise à la centrale. D’autre part, à 11:50 le couteau n’est absolument plus un problème. Il est dans une autre pièce, tout comme le chien est dans le jardin et ce bien avant que les policiers se mettent à maîtriser Lamine.

Le corps de Moïse Lamine est encore toujours à la morgue. La famille n’a pas encore pu effectuer son deuil. Il semblerait qu’un chantage ait été exercé sur les parents de Lamine : celui de la libération du corps de Lamine en échange d’un abandon des poursuites contre les policiers. Le 10 novembre, en chambre des mises en accusation de Gand l’avocat de la famille, maître Alexis Deswaef, va plaider le renvoi des policiers en correctionnelle.

Le 10 novembre, la famille Bangoura aura besoin de notre soutien pour que le crime commis ne soit pas laissé sans jugement. En soutien à la famille Bangoura, nous vous invitons à vous montrer présents devant le Tribunal de Gand dans le respect des règles de distanciation sociale et des gestes barrières.

RDV devant la Chambre des Mises en accusation de Gand à 14:00. Adresse : Koophandelplein 21.
Itinéraire : Depuis la gare de Gand St-Pierre, prendre le tram 1 direction centre ville (Evergem Brielken) et descendre au 6ème arrêt Korte Meer. Le Tribunal se trouve à 100 mètres.

TW : IMAGES DE L’ASSASSINAT DE LAMINE

Attention, les images que contient ce montage vidéo-son réalisé par les deux journalistes de De Morgen (Samira Atillah et Douglas De Coninck) et publiées lundi 2 novembre 2020 sont très dures.

Il s’agit de les diffuser non pas pour provoquer de sensationnalisme autour de la mort de Lamine mais pour que la vérité des circonstances de sa mort soit révélée et pour que cessent les intimidations et les mensonges autour de ce qui s’est passé le 7 mai 2018.

Ces images ont été prises par le serrurier présent lors des faits qui à l’inverses des autres acteurs-témoins a senti la nécessité de réagir en prenant son téléphone et en filmant une partie de la scène.

[Sources : IndyMedia, Comité Justice pour Lamine,  video sur FB]


LETTRE OUVERTE AUX ÉLU.E.S DE BRUXELLES

Les responsables politiques ne peuvent continuer à cautionner les violences policières

Il y a un mois, le dimanche 13 septembre, avait lieu la Grande manifestation pour la santé organisée par le collectif La santé en lutte et soutenue par une vingtaine d’organisations, collectifs et centrales syndicales. Cette manifestation, qui a rassemblé près de 7.000 personnes, appelait les autorités publiques à reconnaître à la santé son statut de droit fondamental, à remettre le « soin » au centre de leurs préoccupations et à le valoriser comme il se doit.

À cet appel, les autorités n’auraient pas pu plus mal répondre. Alors que la manifestation n’était pas encore arrivée à sa fin, la police a chargé les personnes encore sur place. Une centaine de personnes s’est retrouvée encerclée au Mont de Arts par des policiers en armure, matraque en main, et une centaine d’autres a été repoussée vers la Place Royale et la rue de la Régence. Là, comme le décrit l’article sur le sujet paru dans Le Soir, les manifestant·e·s qui étaient en train de se disperser (mais aussi des personnes qui n’avaient rien à voir avec la manifestation) ont eu à subir des violences de la part de la police et des arrestations arbitraires. Plus d’une dizaine de témoignages concordants relatent la brutalité injustifiable qu’ont dû subir plusieurs personnes qui n’étaient manifestement coupables d’aucune infraction. Au moins trois personnes ont été blessées et ont dû subir un arrêt de travail les jours suivants et ont été, en plus, poursuivies pour « rébellion ». Trente-deux autres personnes ont été arrêtées administrativement, de manière tout aussi arbitraire. Plusieurs témoignages relatent que les policiers ont reçu l’ordre d’arrêter spécifiquement les personnes supposément « gauchistes », « d’extrême gauche » ou anarchistes. Le fait que le commissaire Vandersmissen ait permis qu’une personne qui ne fait pas partie de la police participe activement à la répression policière (sans que ce soit la première fois !) et s’en prenne lui-même aux manifestant·e·s témoigne du sentiment d’impunité qui régnait dans les rangs de la police lors de cette manifestation.

« Que fait la Ville ? »

Comme l’a rappelé la santé en lutte dans plusieurs communiqués, les charges injustifiées de la police contre ce rassemblement et les violences qu’ont subies plusieurs personnes sont une attaque contre l’ensemble de la manifestation et contre notre droit à défendre nos revendications. Le fait de charger le rassemblement alors que se terminaient simplement les discours est un acte politique clair d’intimidation. Ce qui s’en-suit comme violences policières est le résultat de cette agressivité. Or, à moins de supposer que la police puisse aujourd’hui être considérée comme une institution autonome, la responsabilité de ses agissements relève dans ce cas-ci de la Ville de Bruxelles elle-même. Alors que fait la Ville ? Que fait le bourgmestre Close ? Que fait le Collège communal ? Que font les partis de l’opposition ?

Nous savons que, dans les jours qui ont suivi la manifestation, des élu·e·s de la majorité ont cherché à questionner publiquement le cabinet du bourgmestre sur ces faits et qu’elles/ils en ont été dissuadé.e.s par d’autres membres de la majorité. Cela est déjà, en soi, extrêmement inquiétant.

De plus, une interpellation citoyenne rédigée par les personnes qui ont été arrêtées voire blessées ce jour-là, a été déposée auprès de la Ville. Toutefois, la Ville a enchaîné les prétextes pour empêcher cette interpellation, malgré le fait que celle-ci respectait manifestement les critères légaux, tant sur l’objet qu’en termes de délais et de signatures par des personnes domiciliées sur le territoire de la commune. En effet, dans un premier échange la Ville a prétexté que l’interpellation n’était pas recevable sous prétexte que les victimes n’y sont pas elles-mêmes domiciliées ! Après qu’il fût rappelé aux fonctionnaires communaux que le règlement communal n’interdisait en rien l’interpellation du Conseil par des personnes non domiciliées sur la commune tant que l’interpellation était signée par vingt personnes qui le sont, la Ville a abandonné cet argument pour en avancer d’autres tout aussi infondés :

  1. L’interpeller sur ces arrestations et les fichages qui en découlent relèverait d’une question d’intérêt particulier,
  2. La police ne serait pas une compétence communale et
  3. Les arrestations et le dispositif policier seraient légitimes.
« Les actions de la police ce jour-là constituent, de fait, un enjeu d’intérêt communal »

La commune considère donc que l’enjeu de suspicions de violences policières et d’arrestations arbitraires sur son territoire ne relève pas d’un intérêt communal malgré le fait qu’a été rappelé de multiples fois que ces violences s’inscrivent d’une part dans un comportement problématique structurel de la police bruxelloise en manifestation et d’autre part que ces comportements ont eu lieu alors que la manifestation était autorisée par la Ville et que – contrairement à ce que prétend le courrier du fonctionnaire communal – la charge a eu lieu une demi-heure avant l’heure de fin de l’autorisation à manifester. Les actions de la police ce jour-là sont donc visiblement allées à l’encontre des autorisations communales en portant atteinte à la manifestation dans son ensemble, ce qui constitue, de fait, un enjeu d’intérêt communal. Sur la question du fichage, cette question est également d’intérêt général puisqu’elle relève de la liberté de manifester et que des actions policières arbitraires telles que celles-ci sont de nature à dissuader les citoyen·ne·s d’user de ce droit à l’avenir.

« Prétendre, à la dernière minute, que le Conseil communal n’est pas compétent sur ces sujets est une tentative flagrante d’empêcher l’interpellation d’avoir lieu »

Ensuite, la Ville avance comme argument que le Conseil communal ne serait pas compétent sur ce sujet car la gestion de la police relève du Conseil de police. Tout d’abord, même si la police ne relève pas directement des compétences du Conseil communal, celui-ci définit toutefois la politique de police et peut donc se saisir de cas graves tels que celui-ci, envoyer un signal fort à la zone de police et est compétent pour définir ses orientations générales. Ensuite, à l’évidence, le Conseil communal est à la fois le lieu où les citoyen·ne·s sont censé·e·s pouvoir interpeller les élu·e·s sur de tels sujets (comme cela a par ailleurs été le cas à de multiples reprises par le passé, que ce soit à Bruxelles-Ville ou dans d’autres communes) et le lieu qui rassemble les élu·e·s bruxelloi·se·s qui sont ensuite coopté·e·s au Conseil de police. Le Bourgmestre lui-même est le chef de la zone de police et est bien sûr responsable de ce qui se passe sur le territoire communal. Prétendre, à la dernière minute, que le Conseil communal n’est pas compétent sur ces sujets et ne peut donc pas être interpellé est un contresens et une tentative flagrante d’empêcher que l’interpellation ait lieu.

« Il est inacceptable que la Ville se contente de relayer la version de la police« 

Enfin, quant à la légitimité des arrestations et du dispositif policier, il est inacceptable que la Ville, malgré son devoir de protection des citoyen·ne·s et de leurs libertés, fasse de telles déclarations sans même user du conditionnel et se contente de jouer le rôle du relais de la version de la police. Cela alors même que tous les témoignages des personnes présentes sur place au moment des faits sont univoques quant au fait que les arrestations n’étaient pas justifiées, que trois personnes ont déposé plainte au Parquet et onze autres au Comité P (dont huit ont déjà débouché sur l’ouverture d’une enquête) pour violences policières et arrestations arbitraires, que les articles de presses parus à ce jour et qui traitent de ces arrestations2 vont eux aussi dans le sens contraire des affirmation faites par la police… et que l’objet de la demande d’interpellation citoyenne est, entre autres, de présenter une version contradictoire à celle-là. De plus, le cas du photographe qui a violenté une des personnes arrêtées avec l’aval du Commissaire et pour lequel le bourgmestre a lui-même interpellé le chef de corps de la police bruxelloise démontre à nouveau que la Ville sait parfaitement qu’il y a toute raison de s’inquiéter des actions de la police ce jour-là et qu’il est donc parfaitement normal que les victimes s’adressent à elle en ce sens.

Nous invitons chaque personne à lire le texte de l’interpellation citoyenne qui était prévue afin que chacun·e qui le souhaite puisse comprendre ce qu’ont réellement vécu les victimes et entendre ce qu’elles ont à dire. Les réponses de la Ville sont quant à elles disponibles ici. Afin de faire entendre leur interpellation malgré la volonté de la Ville de l’empêcher, le collectif « Rue de la Régence » (qui rassemble les victimes de violences policières et d’arrestations arbitraires lors de la manifestation du 13 septembre) a organisé un rassemblement devant l’Hôtel de Ville de Bruxelles lors du Conseil communal de ce lundi 19 octobre, à 16 heures. Nos organisations et collectifs y étaient présentes pour les soutenir.

« Un renforcement structurel de la tolérance politique à l’égard des violences policières »

Nous considérons que non seulement les violences policières qui ont eu lieu, mais aussi et surtout la volonté manifeste de la Ville d’étouffer les faits sont extrêmement graves. En effet, nous ne pouvons que constater que ces faits, que certains appellent encore des « dérives« , s’inscrivent en réalité dans un renforcement structurel de la tolérance politique à l’égard des violences policières. La manière dont (n’) est (pas) traité par le pouvoir politique le présent cas de violences policières fait écho à la manière dont (n’) ont (pas) été traitées les violences qui ont eu lieu dans d’autres manifestations en 2020. Cela fait aussi et surtout directement écho au déni à l’égard des violences qui ont dû être dénoncées face à l’hôtel de ville de Saint-Gilles ce 8 octobre plutôt que face aux élu·e·s. En effet, cette commune avait là aussi décidé de ne pas entendre la parole des citoyen·ne·s. Cela rappelle aussi le déni de la même commune de Saint-Gilles face aux violences subies par des femmes de la part de policiers à la mi-août. Tout comme celui dont fait preuve la commune d’Anderlecht à l’égard de la mort d’Adil durant le confinement. Et celui dont fait preuve aujourd’hui la justice à l’égard de la mort de Mehdi. Et, enfin, à celui auquel ont dû faire face des dizaines de personnes qui ont subi ces derniers mois des contrôles policiers violents prétendument justifiés par les mesures sanitaires.

En premier lieu les personnes racisées, mais aussi de nombreuses personnes précarisées, de nombreux et nombreuses migrant·e·s, de nombreuses personnes LGBTQIA+ et de nombreuses femmes (et d’autant plus celles qui combinent ces oppressions) subissent depuis longtemps, au quotidien, des comportements anormalement violents de la part de la police.
Le problème des violences policières en manifestation n’est pas neuf non plus ; en témoigne le fait que le commissaire Vandersmissen n’en est pas à sa première suspension. Mais il est clair que ce type de comportement a explosé ces derniers mois, qu’une forme de sentiment de toute-puissance s’est installé dans les rangs de la police et que le laissez-faire semble devenir de plus en plus la norme pour les pouvoirs, notamment au niveau communal.

« Les élu·e·s ne peuvent persister à refuser de prendre en main ces problèmes. »

Nous nous adressons dès lors aux élu·e·s communales/aux de la Ville de Bruxelles, de la majorité comme de l’opposition. Nous les pressons fermement de recevoir les victimes des violences policières de la manifestation du 13 septembre et de répondre à leur interpellation. Nous attendons également de chacun·e d’entre elles et eux – et de leurs collègues des autres communes – une réaction rapide et vigoureuse face à la multiplication de ces comportements inacceptables de la part des autorités publiques. Les élu·e·s ne peuvent persister à refuser de prendre en main ces problèmes. Elles/ils ne peuvent continuer à protéger, que ce soit de manière active ou passive, des cadres et des policiers violents et à refuser de faire face au fait qu’il y a un flagrant problème politique qui traverse l’institution policière et qui conduit ces fonctionnaires publics à avoir des comportements inadmissibles envers des citoyen·ne·s sur la base de leur origine ethnique, socio-économique ou de genre ou de leurs convictions et revendications philosophiques, religieuses ou politiques (qu’elles soient réelles ou supposées). Il est temps que les autorités publiques prennent acte que la réalité des politiques « sécuritaires » qui sont à l’œuvre aujourd’hui et dont elles sont responsables représentent en réalité un danger pour de nombreuses/eux citoyen·ne·s. Nous aurions quelques conseils à leur donner en matière de soin aux autres, nous espérons qu’ils pourront enfin être entendus…

La santé en lutte a ouvert une caisse de solidarité avec les personnes victimes de violences policières à la Grande Manifestation de la Santé du 13 septembre afin de les soutenir dans les frais de justice auxquels elles et ils doivent faire face. Nous invitons chacun·e à y participer.

Pour participer à la CAISSE DE SOLIDARITÉ !

Pratique : – malgré les apparences, il est tout à fait possible de participer avec une carte de débit, la case cryptogramme est alors à compléter par « 000 » ou « 999 »

Pour les liens et référencements voir l’article en ligne.

Signataires :

Action Logement BXL,
Action Vivre Ensemble,
Agir pour la Paix,
ARC – Action et Recherche Culturelles,
ArtiCulE,
Attac Bruxelles2,
Attac Liège,
Bureau des Femmes de la FGTB Wallonne,
CADTM (Comité pour l’abolition des dettes illégitimes),
Campagne ROSA,
CAS (Coordinadora Antiprivatizacion de la Sanidad),
CGSP Brugmann,
CIP ASBL (Comite Internacional Peruano),
Centrale Nationale des Employés- CNE,
Collecti.e.f 8 maars,
Collectif des madre,
Collectif Hôpital en Résistance,
Cultures&SantéASBL,
DoucheFLUX,
Droit à un toit ou dans le mur ? Recht op een dak of het dak op kunnen ?,
Élite Taxi Belgium,
FéBUL – BFUH / Fédération Bruxelloise Unie pour le Logement,
Fédération des Centres de Planning familial des FPS,
Fédération des maisons médicales,
Féminisme Libertaire Bruxelles,
FPS – Femmes Prévoyantes Socialistes,
Front Q,
Gang des Vieux en colère,
Inter-Environnement Bruxelles (IEB),
IWW Belgium(Industrial Workers of the World – Belgium),
Jeunes FGTB,
Jeunes Organisés et Combatifs – JOC,
La CLAC – No prison(Collectif de Luttes Anti-Carcérales),
Ligue des droits humains,
La Nouvelle Voie Anticoloniale,
La Rue asbl,
La santé en lutte,
Le poisson sans bicyclette,
Les Equipes Populaires Bruxelles,
Les Equipes Populaires(Wallonie-Bruxelles),
Maison Arc en Ciel de Namur – MAC,
Marche Mondiale des Femmes Belgique – Wereldvrouwenmars Belgïe,
Mères au front,
Mouvement Ouvrier Chrétien,
MRAX asbl(Mouvement contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie),
Nemesis Fighting Club,
Mouvement Présence et Action Culturelles,
Observatoire des violences policièrs en Belgique,
Quarantine Watch,
Quinoa asbl,
RBDH – BBRoW / Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat,
Réseau ADES,
RWDH (Rassemblement Wallon pour le Droit à l’Habitat),
Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté
Rencontre des Continents asbl,
Street-Medic Brussels,
Students For Climate,
Campagne Stop Répression,
Syndicat des immenses,
Travail Social en Lutte – Belgique,
Une Maison en Plus,
Vie Féminine,
Extinction Rebellion Belgium,
Zablière – Zad d’Arlon


JUSTICE ET VÉRITÉ POUR MAWDA

Ce 23 novembre débute, au tribunal correctionnel de Mons,
le procès du policier et de deux présumés « passeurs » dans
le cadre du meurtre de Mawda.

Nous continuons à exiger un procès d’assises, à travers la qualification des faits en « meurtre »

Nous demandions les Assises pour des faits d’une telle gravité ; les faits ont été correctionnalisés. Si nous continuons à exiger un procès d’assises, à travers la qualification des faits en « meurtre », c’est aussi bien pour assurer à cette affaire une large audience en présence directe
des témoins (qui auraient à répondre à la fois aux questions des juges, des jurés et des avocats des parties) que pour instruire les responsabilités
politiques qui ont rendus possibles, à la fois la mort, les tentatives policières de la cacher ainsi que les mensonges du Parquet tout au long de l’instruction.

Le meurtre de Mawda, dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 mai 2018, des suites d’un tir policier a eu lieu dans le cadre des opérations Médusa de traques aux migrants, qui elles-mêmes s’inscrivent dans une politique raciste de fermeture des frontières, aux échelles belges et européennes.

Incriminer le seul policier ou, pire, focaliser l’attention sur les seuls « passeurs » sont des manières d’éviter de mettre en cause les responsabilités politiques multiples de ceux qui organisent la chasse aux migrants.

Si le bras armé policier a sa place sur le banc des accusés, sa présence cache celle des organisateurs de ces opérations. Sur le banc des accusés ne figurent pas les instigateurs de ces opérations, pas plus que les ministres qui les perpétuent ou les couvrent (Gouvernement Michel, Gouvernement De Croo).

Sur le banc des accusés ne figurent pas les instigateurs de ces opérations

Par ailleurs, la responsabilité policière et judiciaire est engagée. Il s’agit d’abord des techniques d’intervention, des formes de déshumanisation des migrants à caractère raciste — tirer sans être en état de légitime défense est inacceptable, ce n’est pas un « défaut de prévoyance », c’est un crime.

Il s’agit ensuite de l’organisation des multiples mensonges que se permettent des policiers. Juste après les faits (lire l’enquête de Michel Bouffioux), les versions s’alignent. Dès les premières minutes après le meurtre se met en place une coalition de fonctionnaires, le Parquet n’est pas appelé et aucune zone d’exclusion judiciaire n’est mise en place, le
tireur est invité à rentrer chez lui sans qu’il n’ait fait l’objet d’aucun interrogatoire circonstancié et couché sur procès-verbal. Il est simplement informé par son chef de poste qu’il n’y aura pas de poursuites, qu’il peut rentrer chez lui. Il reçoit aussi comme conseil de rédiger un procès-verbal pour « rébellion armée » contre lui. Au lendemain de l’enterrement, les policiers présents le jour du meurtre (à l’exception du tireur) vont se réunir pour accorder leurs versions.

De la thèse de l’hématome crânien dû à une chute de la camionnette, à celle, odieuse de l’ « enfant bélier » puis à celle de l’ « embardée », en passant par l’ « échange de tir », les versions de la police et du Parquet se sont succédées avec comme effets d’instruire à décharge de la police et de fournir au tribunal correctionnel des éléments pour blanchir ce crime policier. Il s’agit aussi de la couverture des thèses policières par le Parquet s’empressant de valider toutes les versions successives jusqu’à celle de la camionnette ayant servi d’« arme par destination » sans à aucun moment poursuivre les mensonges, les coalitions de policiers, les entraves à la justice, les tentatives de corruption de témoins qui constituent pourtant des crimes graves. Il s’agit là de coalitions de fonctionnaires manifestes, non seulement entre policiers mais qui par l’attitude du parquet impliquent aussi procureurs et magistrats.

De Semira Adadmu à Jozef Chovanec : une politique criminelle

L’affaire Mawda est aussi une affaire de violence policière instituée. Elle renvoie à tout ce que se permet la police sur les corps qualifiés d’étrangers (Adil, Mehdi pour lequel la chambre du conseil a prononcé le un non-lieu, Lamine Bangoura étouffé par 8 policiers qui ont bénéficié en première instance d’un non-lieu, etc.) : techniques utilisées,
opérations prioritaires, disparitions d’images et de preuves
mettant en cause la police, instructions bâclées, coalition
de fonctionnaires, etc.

Mettre fin aux violences racistes d’État !

Autour du procès, il s’agit donc :

  • D’exiger le démantèlement des opérations Medusa et des « chasses à l’homme » comme mesure prioritaire pour instaurer des voies sûres de migration.
  • D’exiger, par une commission d’enquête parlementaire ad hoc — que l’ensemble des partis politiques s’échinent à ne pas exiger — la mise à jour des responsabilités politiques dans la mort de la petite Mawda.
  • D’abolir les politiques racistes et meurtrières des frontières de l’UE et de la Belgique en démantelant Frontex et en réformant en profondeur la politique migratoire européenne (notamment par l’abolition du cadre Dublin transformé qui ne fera qu’accentuer les expulsions).
  • D’instaurer un droit nouveau de la migration instruit des enjeux des dérèglements climatiques et des déséquilibres et inégalités structurelles post-coloniales afin d’assurer la libre circulation et installation.
  • D’imposer le démantèlement des formes de violences policières par tous les moyens techniques et politiques nécessaires.
  • D’en finir avec l’impunité des crimes policiers.
  • De régulariser les personnes sans-papiers résidant en Belgique à la fois comme mesure d’accès aux soins de santé, au travail, à la sécurité sociale, au droit au logement, etc. mais également comme mesure de réparation post-coloniale dans le cadre de la commission « Vérité et Réconciliation »

Groupe Montois de Soutien aux Sans-Papiers
Gauche Anticapitaliste
Le Village du Monde
JOC Bruxelles
Comité Mawda – Justice et Vérité
CEPAG – Mons Borinage
Bruxelles Panthères
Théâtre des Rue
FGTB Wallonne
Marche des Migrants de la Région du Centre
Observatoire des violences policières en Belgique

[Télécharger l’Appel du Comité Justice et Vérité pour Mawda]


MALTRAITANCE D’EXILÉ.E.S SUR LES PARKINGS

– APPEL A TÉMOIGNAGES –

GETTING THE VOICE OUT a reçu des témoignages de maltraitances envers des migrant.e.s sur des parkings, notamment lorsqu’iels sont chassé.e.s de camions. Nous cherchons à rassembler des témoignages, anonymes ou non mais factuels, sur ces violences, qu’elles soient le fait de policier.e.s, d’agents de sécurité, de camionneurs/euses etc.

Il est important de noter la date et l’heure approximative des faits et le lieu exact en plus du descriptif des violences et de la personne qui les a portées (profession, langue parlée, description physique, société de gardiennage si indiquée sur le gilet, objet éventuellement utilisé, le chien était-il en laisse, muselé etc.).

Les photos et vidéos, des faits comme des marques éventuelles laissées par les violences, sont évidemment les bienvenues. En cas de passage chez un médecin demander un constat des blessures et le joindre. Si possible laisser un contact du/de la témoin si besoin de précision (tel/whatsapp…).

Contact: gettingthevoiceout@riseup.net

Par ailleurs, TÉMOIGNEZ SUR NOTRE SITE !

  • Parce qu’il faut que toutes les agressions illégitimes soient répertoriées, décortiquées, analysées, et que l’on puisse démontrer la récurrence de ces pratiques abusives !
  • Parce qu’il faut que les prochaines victimes puissent lire ces témoignages pour comprendre que ce qu’elles auront subi n’est pas une pratique isolée, qu’il ne s’agit pas de quelques « pommes pourries » mais bien de la dérive d’un système malade !

180517_mawda-294x300.png

Affaire Mawda: pourquoi nous demandons un procès d’Assises

L’audience en chambre du conseil de Mons, dans le cadre de l’affaire Mawda, a lieu ce mercredi 8 juillet. Des universitaires, juristes et professeurs de droit réclament que le tir du policier qui a été fatal à la petite fille soit qualifié de meurtre, ce qui justifierait la tenue d’un procès aux Assises.

La mort de la petite Mawda, dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 mai 2018, des suites d’un tir policier a eu lieu dans le cadre des opérations Médusa de traques aux migrants. Depuis l’affirmation policière selon laquelle la petite serait décédée des suites d’un hématome crânien (la thèse de l’enfant bélier) – mensonge construit dès les premières minutes et affirmé par les policiers aux ambulanciers et infirmières arrivées sur les lieux – jusqu’à la thèse de la camionnette comme « arme par destination » soutenue par le parquet de Mons, le cadre gouvernemental de traque aux migrants semble surdéterminer l’instruction telle qu’elle a été menée jusqu’à aujourd’hui. Tous les ingrédients d’une affaire d’Etat semblent donc réunis.

Il s’agit d’un meurtre. Le policier qui a tiré a d’abord armé son pistolet à l’aide de ses deux mains, puis exercé une force sur la gâchette pour effectuer le tir à hauteur d’homme en direction de la camionnette qui a tué Mawda.

Un caractère volontaire

Trois actes volontaires ont donc dû être exercés à trois moments différents par le policier. Que ce soit l’enquête réalisée par Michel Bouffioux ou les déclarations de l’équipier du policier qui a tué Mawda, l’« embardée » qui aurait entraîné une déviation du tir a eu lieu plus tôt dans la poursuite, elle ne peut donc en aucun cas expliquer une quelconque « déviation » de la trajectoire de la balle. C’est pourquoi l’acte de tir doit être requalifié en chambre du conseil en « meurtre », le caractère volontaire du tir semble aujourd’hui établi. Et le seul lieu susceptible de traiter cette affaire est donc naturellement la Cour d’Assises.

Plusieurs manquements

En effet, ce meurtre est perpétré par un fonctionnaire d’Etat dans un cadre opérationnel gouvernemental. Il ne peut donc être isolé de son contexte : les opérations Médusa. Dès les premières minutes après le meurtre se met en place une coalition de fonctionnaires, le parquet n’est pas appelé et aucune zone d’exclusion judiciaire n’est mise en place, le policier est invité à rentrer chez lui sans qu’il n’ait fait l’objet d’aucun interrogatoire circonstancié et couché sur procès-verbal. Le tireur est simplement informé par son chef de poste qu’il n’y aura pas de poursuite, qu’il peut rentrer chez lui. Il reçoit aussi comme conseil de rédiger un procès-verbal pour rébellion armée contre lui. Au lendemain de l’enterrement, les policiers présents le jour de son meurtre à l’exception du tireur vont se réunir pour accorder leurs versions. Les opérations gouvernementales comme les opérations Médusa sont extrêmement réglementées. Il suffit de lire le rapport du comité P pour se rendre compte de la lourdeur bureaucratique de ce type d’opération de police.

Rééquilibrer les responsabilités

Si le policier qui a tué Mawda doit être poursuivi pour meurtre, il ne peut être tenu pour le seul et l’unique responsable. On se souviendra que la stratégie policière et la partialité du parquet de Mons ont eu des conséquences importantes sur l’instruction et la qualification des faits. Notamment en inversant la charge de la responsabilité du meurtre. En effet, le Procureur Général de Mons, Ignacio de la Serna, avait inculpé le conducteur présumé de la camionnette de « rébellion armée » avec comme circonstance la mort de la petite. Il est temps de rééquilibrer les responsabilités. La chambre du conseil de Mons de ce 8 juillet pourrait dès lors décider d’orienter cette affaire d’Etat vers une requalification en renvoyant vers une des juridictions susceptibles de prendre en compte la chaîne complexe de responsabilités ayant entraîné la mort de la petite Mawda, la Cour d’Assises. On ne peut plus dire qu’il s’agit d’un « homicide involontaire » – le policier a sorti son arme, il l’a armé, puis il a tiré et tué Mawda – mais la responsabilité du policier ne peut être séparée du contexte des opérations Medusa. En cour d’Assises, le juge d’instruction et toutes les personnes – policiers, témoins ou experts – qu’il a déjà entendues seront appelées à redire leur témoignage ou leur expertise. Elles devront aussi répondre aux questions des juges, des jurés et des avocats des parties civiles.

Nous appelons tous les citoyens soucieux de la vérité et de la justice à se rassembler devant la chambre du conseil de Mons le 8 juillet à 9h.

Ils ont ausi signé :

ADRA France antenne de Dunkerque ; Bruxelles Panthères ; CADTM Belgique ; Collectif Migrations Libres ; Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) ; Comité belge de soutien au peuple sahraoui ; Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie – Belgique ; DROP solidarité ; Groupe montois de Soutien aux Sans-Papiers ; l’hôtel Flambeau ; La casa paris ; La 5e Couche / 5c éditions ; Le Steki ; Mouvement Citoyen Palestine ; Nouvelle Voie Anticoloniale ; ObsPol ; Plate-forme Charleroi-Palestine ; Radio RiveWest ; Slameke ASBL ; Terre d’Errance (France) ; Students for Climate ; La Maison du Peuple d’Europe (MPEVH) ; Annie Basembe, citoyenne ; Annick Lenoir, professeure à l’École de travail social, Université de Sherbrooke ; Carine Demange, réalisatrice radio ; Claire scohier, criminologue ; Claire Hilgers, artiste-graphiste ; Cédric Rutter, éditeur ; Code Rouge, artiste ; Camille Louis, philosophe et dramaturge, Université Paris Diderot et théâtre Nanterre-Amandiers ; Corinne Gobin, maître de recherche FNRS/ULB en sciences politiques ; David marolito, artiste ; Despina Matsakis, citoyenne ; Didier Epsztajn, animateur du blog « entre les lignes entre les mots » ; Dounia Depoorter, chef de chœur, citoyenne solidaire ; Elise Simonet, dramaturge et collaboratrice artistique ; Fabrizio Terranova, cinéaste et professeur Narration Spéculative, Erg – Bruxelles ; Grégoire Wallenborn, chercheur-enseignant ULB ; Gioia Frolli (Joy Slam) ; Gwendoline Daems, citoyenne ; Graziella Vella, sociologie et anthropologie ; Graziella Van Loo, activiste dans les médias alternatifs ; Guillermo Kozlowski, philosophe ; Jean-Claude Deroubaix, enseignant en sociologie à l’UMons ; Jacqueline de Terschueren ; Julie Jaroszewski, artiste et militante ; Khadija Senhadji, socio-anthropologue et militante décoloniale ; Kaoutar Boustani, analyste en politique économique et sociale ; Lauraline Michel, membre du collectif OXO ; Luis Martínez, philosophe ; Léa Drouet, metteuse en scène ; Maïa Chauvier, actrice/slameuse ; Mathilde Villeneuve, artistiek leider ; Maryam Kolly, sociologue, Université Saint Louis ; Mehdi El Wahabi, citoyen ; Malika Hamidi, auteure et sociologue ; Natalia Hirtz, chercheuse au Gresea ; Nordine Saidi, militant décolonial et membre de Bruxelles Panthères ; Pauline Fonsny, réalisatrice et monteuse ; Rachid Id Yassine, sociologue ; Rudi Barnet, animateur culturel ; Soraya El Kahlaoui, sociologue ; Sandew Hira, coordinateur du réseau décolonial international (DIN) et directeur de l’International Institute for Scientific Research (IISR) ; Khadija Senhadji ; Sylvie André-Dumont, kinésithérapeute, citoyenne hébergeuse ; Stephanie Demblon, militante associatif ; Takkal Kamar, citoyenne du Monde ; Titom, dessinateur ; Vanhove Daniel, auteur ; Vincent Engel, auteur ; Youri Lou Vertongen, politologue, université Saint Louis Bruxelles ; David Jamar, professeur de sociologie, UMons ; Martin Vander Elst, anthropologue, UCLouvain ; Isabelle Stengers, philosophe, ULB ; Serge Gutwirth, Professeur de Droit Humains, Faculteit Recht & Criminologie, VUB ; Carla Nagels, professeure en criminologie, Université libre de Bruxelles ; Serge Deruette, professeur de sciences politiques, UMons ; Sophie Klimis, vice-doyenne à la recherche de la faculté de droit, Université Saint-Louis ; Benedikte Zitouni, professeur et chercheur en sociologie, Université Saint-Louis ; Maud Hagelstein, philosophe, ULiège ; Grégory Cromann, philosophie, ULiège ; Jacinthe Mazzocchetti, professeur et chercheur en anthropologie, UCLouvain ; Elsa Roland, sciences de l’éducation, ULB ; Claire Schoier, criminologue ; Maryam Kolly, sociologue, Université Saint Louis ; Leile Mouhib, ULB ; Guillermo Kozlowski ; Marianne Van Leeuw Koplewicz, éditions du souffle ; Beatriz Camargo, chargée de missions – CRAcs Cohésion sociale.

[Carte blanche publiée dans Le Soir]


180517_mawda-294x300.png

Carte Blanche du Comité Mawda : “On ne tue pas les petites filles d’une balle dans la tête. Jamais.”

L’affaire de la mort de la petite Mawda dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 mai 2018, sur une autoroute belge, près de Mons, revient au tribunal ce vendredi 26 juin. La chambre du conseil de Mons devra décider du renvoi devant le tribunal correctionnel du policier et de deux migrants soupçonnés d’être le passeur et le chauffeur de la camionnette.

Le procureur veut le renvoi du policier pour homicide involontaire et des deux migrants pour rébellion armée et entrave méchante à la circulation.

Rappelons qu’aucun migrant n’avait une arme. Seul le policier a tiré. En utilisant son arme, il savait qu’il pouvait tuer quelqu’un et il a effectivement tué Mawda, une petite fille de 2 ans, touchée en pleine tête.

Cette affaire pose de nombreuses questions sur le fonctionnement de notre société.

Qu’est-ce qui dysfonctionne dans la formation des policiers pour qu’il ait cru légitime de tirer sur une camionnette de migrants qui fuyaient ?

Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un policier pour que l’arrestation lui semble tellement vitale que la mise en danger de vies humaines soit nécessaire à ses yeux ?

La même question doit se poser pour Mehdi, pour Adil, pour Sabrina et Ouassim. Ils s’enfuyaient, certes, mais est-il nécessaire de les en empêcher à tout prix. Au prix de leur vie ?

L’école de police n’apprend-t-elle pas aux futurs agents qu’une vie humaine prime sur une arrestation ? Que rien ne justifie la mise en danger ou l’atteinte à l’intégrité physique ?

Doit-on encore rappeler qu’on ne tue pas les gens !

Mais au-delà de la formation des policiers et de l’organisation du corps de police comme institution prônant la violence, nous devons nous poser des questions sur l’organisation de l’impunité. Le pouvoir judiciaire sait cette violence, il la voit et il ferme les yeux.

Pourquoi la justice toujours prompte à condamner est-elle aussi indulgente quand il s’agit de policiers ?

Tous ceux et celles qui ont déjà été confrontés à la justice ont vu la sévérité avec laquelle sont condamnés de petits délinquants – surtout s’ils sont étrangers et sans-papiers. A l’opposé de cette sévérité, les juges et les procureurs sont compréhensifs et indulgents dès qu’il s’agit de policiers. Ils excusent la violence, tolèrent le racisme, justifient l’illégalité.

Il faut que cela cesse. La violence policière n’est pas légitime. Elle est intolérable. Rien ne l’excuse. Mawda n’aurait pas dû mourir, parce que le policier n’aurait pas dû tirer. Même si le chauffeur s’enfuyait, même si le passeur passait, même si… aucune excuse n’est audible.

On ne tue pas les petites filles d’une balle dans la tête. Jamais. 

Un non lieu ou une suspension du prononcé pour le policier serait une véritable provocation. On ne tire pas en pointant son arme vers le chauffeur de la camionnette sans intention de tuer, la qualification d’homicide involontaire est absolument inappropriée, si cette qualification était retenue par la chambre du conseil de Mons, cela pourrait être interprété comme un permis de tuer implicite. Même le comité P rappelle que l’on ne tire pas sur une “cible en mouvement”. Il est temps de mettre fin à l’impunité !!!

Organisations signataires

Comité Mawda, vérité et justice – Bruxelles PanthèresBamko-cran asbl, B2000 asbl, Campagne stop répression, Comité des Travailleurs·ses Migrants·tes avec et sans papiers de la CSC Bruxelles, Collectif féministe Kahina, Collectif Solidarity is not a crime, Ecran d’éveil asbl, Éditions du Souffle, European Observatory of Democracy and Peace (EODP), Groupe montois de Soutien aux Sans-Papiers, Hôtel Flambeau, JOC Bruxelles, La Vieille Chéchette, café bouquinerie coopératif de St Gilles – Le Village du Monde, MARCHE DES MIGRANT-E-S, Nouvelle voie anti-coloniale, Observatoire des violences policières en Belgique (ObsPol) – Parti des indigènes de la République (PIR) – Le Poisson Sans Bicyclette ASBL, café féministe – Prisoner’s newsRéseau AdesSOS MigrantsSLAMEKE, Théâtre des Rues

UNITED STAGES , le secteur culturel s’engage pour la justice sociale et migratoire :

Le 140 , Alterbrussels, Alternatives Théâtrales, L’Ancre Charleroi, l’Atelier 210, Arts et Publics, l’Association des Centres culturels de la Communauté française (ACC asbl), les Baladins du miroir, la Balsamine, la Bellone, Bewogen, le Boson, le BRASS, Les Brigittines, le Centre culturel Action-Sud, L’Entrela’ – Centre culturel d’Evere, le Centre Culturel de Thuin Haute Sambre, Choux de Bruxelles Artist Collectives, la Cité miroir de Liège, la Compagnie le Corridor, La Concertation, Culture & Démocratie, l’Escale du Nord, Francofaune, Globe Aroma, le Kaaitheater, De Kriekelaar vzw, le KVS, la Maison de la création, Maison de la Culture de Tournai, La Maison des Cultures de Saint-Gilles, la Maison du Livre, Le Magic Land Théâtre, Mars – Mons Arts de la Scène, Met-x Movingmusic, les Midis de la Poésie, Passa Porta, PointCulture, RAB/BKO, les Riches Claires, le Rideau de Bruxelles, le Senghor – Centre Culturel d’Etterbeek, le Théâtre des 4 mains, Centro Galego de Bruxelas ASBL La Tentation, le Théâtre des Martyrs, le Théâtre La montagne magique, le Théâtre Océan Nord, le Théâtre Varia, le Théâtre de la Vie, l’Union des artistes du spectacle et La Vénerie Centre culturel de Watermael-Boitsfort.

Signataires individuels :

Ana Navarro, Citoyenne – Céline De VosCode Rouge, artiste – Coline Geisen, militante – Eva Maria Jimenez, permanente CSC en charge des travailleurs migrants et sans-papier – Freddy Bouchez, Marche des Migrant-e-s de la région du Centre – Guillermo Kozlowski, philosophe – Jean-Pierre Griez, réalisateur – Julie Jaroszewski, artiste et militante – Joy Slam, Artiste – Luis Martinez Andrade, sociologue mexicain – Luk Vervaet, prisoner’s news – Manu Scordia, dessinateur – Maryam Kolly, sociologue Université Saint Louis – Marie aurore d’ Awans, comédienne – Milena Sardella, citoyenne – Nordine Saidi, militant décolonial et membre de Bruxelles Panthères – Rachid ID YASSINE, Sociologue – Soraya El kahlaoui, sociologue – Kamar Takkal, citoyenne du monde – Véronique Dockx, citoyenne et avocate – Yacob Mahi, théologien, islamologue, docteur en histoire et sciences des religions, acteur associatif, Bruxelles.

[Source : ODP News, image : Justice pour Mawda]


Violence policière interprétée comme légitime défense…

Dimanche 7 juin, plus de 10 000 personnes se réunissent pour dénoncer le racisme institutionnel et en particulier au sein même des forces de l’ordre et les violences policières qui en découlent. Deux jours plus tard, nous apprenons que le Parquet de Bruxelles demande un-non lieu pour un policier tireur. Au delà des discours officiels et policiers, quelle est donc la tactique mise en œuvre pour poursuivre effectivement ces « bavures » policières ?

Nous nous souvenons de l’incident survenu le 17 septembre 2018 à Bruxelles sur le trottoir, lorsqu’un policier tire trois balles vers une personne sans-abri, l’atteignant au thorax et à la jambe. Monsieur AE fut emmené en urgence à l’hôpital et trois mois plus tard condamné pour tentative de meurtre à 5 ans d’emprisonnement!

Et le policier tireur, qu’en est-il ? Une plainte avec constitution de partie civile a été introduite et doit passer en Chambre du Conseil le 9/6/20, soit près de deux ans plus tard. Et que dit le Parquet ? tout simplement, sans motif : il demande le non-lieu pour le policier!

Surprenant s’il en est car, le seul fait d’être policier permettrait donc de demander son non-lieu, sans justification, sans avoir investigué plus avant, sans expertise balistique qui pourrait le cas échéant démontrer ou invalider la thèse de légitime défense.

Sans preuves, le constat médico-légal se contentant d’indiquer que Monsieur AE a effectivement été blessé par 2 balles. C’est tout, quelle distance, quelle profondeur, ceci irait-il étayer la thèse non encore prouvée d’une légitime défense ? Rien, c’est comme ça, pas besoin de preuves comme c’eut été nécessaire pour n’importe quel citoyen : Vous êtes policier ? Pas besoin !

Après l’importante manifestation devant le Palais de justice et dans d’autres villes du pays et de par le monde, la Justice ici précisément nous envoie en pleine figure son mépris. La frustration de toutes ces personnes qui réclament justice dans les cas de violences policière n’en sera que plus grande et justifiée.

Le nombre de violences policières ne fait qu’augmenter et mais leur traitement judiciaire impliquant l’impunité pour les auteurs ajoute à l’injustice pour les victimes. C’est très grave.

En Belgique actuellement, une personne visée par balles policières ne mériterait donc même pas un procès public!

DERNIÈRES NOUVELLES : Affaire remise suite à la demande d’une nouvelle expertise

Ils ont aussi signé :