02.04.2026 – Communiqué de presse
Le 2 octobre, la Global Sumud Flotilla a été interceptée illégalement par l’armée israélienne dans les eaux internationales alors qu’elle tentait de briser le blocus humanitaire imposé à Gaza et d’attirer l’attention sur le génocide contre le peuple palestinien. En réaction, de nombreuses personnes à travers l’Europe – en solidarité tant avec la cause palestinienne qu’avec les membres de la flottille arrêtés – sont descendues dans la rue pour exprimer leur indignation et dénoncer l’inaction des gouvernements européens.
À Bruxelles, ces manifestations spontanées et intergénérationnelles, réunissant des étudiant·es, des familles, des personnes âgées ou porteuses de handicap, se déroulaient dans le calme lorsqu’elles ont été violemment réprimées par la police aux alentours de 21h.
Après un rassemblement devant le ministère des Affaires étrangères, plusieurs manifestations ont eu lieu place du Luxembourg, devant le Parlement européen, ainsi que devant la Bourse. Les manifestant·es ont tenté de se rejoindre dans la soirée. Sans sommation et sans raison apparente, un nombre important de policier·ères en tenue anti-émeute, appuyé·es par des collègues en civil dont le visage était masqué, ont chargé nos deux groupes très violemment, alors même que nous ne représentions aucune menace.
Lors de cette charge, nous reprochons aux policier·ères :
d’avoir fait usage de spray au poivre et de gaz lacrymogènes contre nous, notamment à bout portant ;
de nous avoir forcé·es à courir, provoquant un mouvement de panique, sans nous laisser d’issue ;
de nous avoir intimidé·es en frappant leurs boucliers et leurs jambières avec leurs matraques, en criant, en proférant des menaces et des insultes, notamment à caractère sexiste ;
de nous avoir porté des coups de matraque, de pied et de poing.
Il a également été fait usage de la technique illégale de la nasse1, ainsi que de canons à eau.
Nous avons par ailleurs constaté l’absence d’identification visible des policier·ères impliqué·es, dont plusieurs avaient le visage masqué.
Nous sommes plusieurs à porter plainte aujourd’hui contre la zone de police de Bruxelles-Capitale et contre X (l’identité des policier·ères impliqué·es ne nous étant pas connue). Plusieurs d’entre nous ont été blessé·es et ont dû être pris·es en charge aux urgences, principalement pour des plaies ouvertes à la tête et/ou des contusions dues à des coups de matraque. L’une de nous a perdu connaissance à la suite d’un coup de matraque à la tête et les policier·ères présent·es l’ont laissée sans assistance. Plusieurs d’entre nous ont été en incapacité de travail pour des durées allant jusqu’à trois semaines. La grande majorité des victimes restant anonymes, le recensement des dommages subis est très probablement sous-estimé. Parmi les victimes se trouvent également des journalistes qui couvraient la manifestation sans y prendre part ; l’une d’elles s’est jointe à la plainte.
Dans la foulée de ces événements, quelques un·es d’entre nous avaient déjà porté plainte auprès du Comité P. Aujourd’hui, six mois plus tard, nous sommes sans nouvelles de ces plaintes et, au vu de la gravité des faits, dans un contexte de vague inédite de violences policières graves lors de manifestations2, nous avons décidé de saisir le procureur du Roi.
Le lendemain des faits, Amnesty International demandait une enquête « quant à la décision qui a été prise de disperser les manifestations et à la force policière qui a été utilisée »3. Des responsables politiques ont également manifesté la volonté d’interpeller le ministre de l’Intérieur – Bernard Quintin – et le bourgmestre de Bruxelles – Philippe Close – en rappelant que « manifester est un droit fondamental en démocratie »4. Le syndicat CGSP Police a, pour sa part, demandé une commission d’enquête parlementaire en dénonçant les agissements de certain·es policier·ères et en soulignant notamment que « les manifestants pacifiques sont traités comme des ennemis, non comme des citoyens », ainsi que la crainte d’« une escalade potentiellement dangereuse pour la démocratie »5.
Nous sommes choqué·es que la zone de police ait fait preuve d’une telle violence envers notre manifestation pacifique, mettant en jeu notre intégrité physique et mentale. Nous estimons qu’il s’agit d’une atteinte claire à notre liberté de manifester, pourtant protégée par le droit national et international.
Ce jeudi 2 avril à 9h, nous convions la presse à un rassemblement sur la place Poelaert, où nous serons accompagné·es de nos avocates qui déposeront officiellement la plainte auprès du procureur du Roi.
Le collectif de victimes du 2 octobre
Contact presse :
(FR) Raphaël Lenglez : +32 495 43 00 99
(EN) Erika Di Benedetto : +39 348 596 6886
evidence.2oktober@proton.me
1 – https://bx1.be/categories/news/la-technique-de-la-nasse-pourrait-etre-reutilisee-la-ligue-des-droits-humains-extremement-preoccupee-par-les-propos-de-philippe-close/
2 – Journée de grève nationale du 14 octobre 2025, l’expulsion du collectif de personnes sans-papiers Zone neutre du Square de l’Aviation le 17 octobre 2025, la répression des enseignant·es en grève le 10 novembre 2025, celle de la journée de grève du 12 mars 2026 et l’évacuation du Carnaval Sauvage le 22 mars 2026.
02.04.2026 – Rassemblement devant le Palais de Justice de Bruxelles //
Gathering outside the Brussels Courthouse //
الخميس، ٢ أبريل، الساعة ٩ صباحًا سنجتمع أمام محكمة بروكسل
FR — Six mois après avoir subi la répression policière alors que nous participions à la manifestation du 2 octobre 2025 – le jour de l’interception illégale de la global sumud flotilla en eaux internationales – nous déposerons une plainte collective contre la zone de police. Ce soir-là, nous avons été victimes de violences graves. Nous sommes six à porter plainte mais nous sommes beaucoup plus à être concerné·es. Nous souhaitons créer un moment calme et propice aux échanges.
EN — Six months after facing police repression whilst taking part in the demonstration on 2 October 2025 – the day the Global Sumud flotilla was illegally intercepted in international waters – we will be filing a collective complaint against the police. That evening, we were victims of serious violences. Six of us are filing a complaint, but many more of us are affected. We would like to create space for conversation.
بعد ستة أشهر من تعرضنا للقمع البوليسي أثناء مشاركتنا في مظاهرة ٢ أكتوبر ٢٠٢٥ – يوم أعتراض أسطول الصمود العالمي بشكل غير قانوني في المياه الدولية – سنقدم شكوى جماعية ضد مفوضية الشرطة. في تلك الليلة، كنا ضحايا عنف خطير. ستة منا فقط هم من سيقدمون الشكوى، لكن هناك الكثيرون ممن تضرروا. نريد تهيئة بيئة هادئة ومواتية للحوار.
Stop repression & Free Palestine / أوقفوا القمع، حرروا فلسطين
Le collectif de victimes du 2 octobre / The October 2 Victims’ Collective / تجمع ضحايا ٢ أكتوبر
